4ème enseignement du chemin

31.01.2016

4ème enseignement du chemin : détachement... détachement... détachement....... Je constate que la Vie m'amène à lâcher les biens matériels... à m'éloigner de mes amis... des hommes que j'aime... à renoncer à Internet... aux bons petits plats... au sexe.... pffffffffff..... Je n'en demandais pas tant ;-). Pourtant, je leur ai déjà bien dit, là-haut, que je n'avais pas vocation de nonne, mais je ne suis pas sûre qu'ils m'aient bien entendue... ;-) !! Lol

 

Une semaine déjà que je suis partie du Puy en Velay, que je me suis déconnectée de la vie numérique... et quels changements...! Le chemin est très différent, on sent que c'est plus "commercial" que le tronçon de Genève au Puy, et je ne trouve plus d'accueils jacquaires pour faire étape. Je jongle pour trouver des hébergements qui puissent m'accueillir car la plupart sont fermés jusqu'en mars...Du coup, je fais des étapes irrégulières (entre 20 et 30 km) en fonction des possibilités d'accueil. L'échange avec les hébergeurs n'est plus du tout le même, genre bien blasés, qui vous disent qu'ils ne font pas de repas mais qui se fichent pas mal qu'il n'y ait rien d'ouvert dans leur village... Au refuge du Sauvage, perdu au milieu de nulle part, quelle déception... A voir cet immense corps de ferme de caractère, je m'attendais à trouver un lieu chaleureux du style de ce qu'on peut trouver en montagne... Des clous. Je me suis retrouvée toute seule dans un gîte de groupe de 40 personnes meublé comme une cantine. Ça casse le mythe du refuge. Bon, en même temps, c'est sûr que c'est mieux que de passer la nuit dehors dans une congère. Heureusement, je fais quand même quelques belles rencontres, et comme par hasard, ce sont des couples qui viennent de démarrer leur activité... A deux reprises, ils acceptent de me loger et de me faire à manger alors qu'ils sont officiellement fermés. Et puis j'ai le grand plaisir de passer une soirée chez mon amie Sandrine, que je n'avais pas revue depuis notre formation en ayurveda... ;-) ! C'était inattendu, que du bonheur...

 

Je marche bien et je suis bénie des cieux pour le temps... A partir d'Aumont-Aubrac, je commence à comprendre pourquoi tout le monde me mettait en garde sur la traversée de l'Aubrac... Le chemin traverse d'immenses estives à 1300m d'altitude, totalement dépourvues d'arbres, où la moindre tempête de neige peut être fatale aux randonneurs. Et le problème du temps, c'est qu'il peut passer de grand beau à tempête en moins de 30 minutes... Je n'étais pas très tranquille quand je me suis aventurée seule sur ce plateau, et je n'ai pas traîné en route ;-) . Le soir à l'hôtel, on me parle de congères de 7m de haut sur la route d'Aubrac, où il a fallu 4 jours et deux fraises pour en venir à bout...

 

En ce moment, le plus dur pour moi n'est pas de marcher, mais de ne pas me connecter à Internet du tout...! Le soir, ça me rend triste, et j'ai vaguement l'impression d'être punie... Je me sens coupée de tout, et en particulier des gens que j'aime... C'est le genre d'expérience qui me fait penser à Vipassana... Je dois être un peu maso ;-) . En même temps, je me rends compte à quel point c'est indispensable et ça me permet d'être plus centrée. Je pense que la semaine prochaine sera plus facile car je prends peu à peu ce rythme de l'Ici et Maintenant du chemin, et je lâche celui du papillonnage et du butinage d'internet. L'autre chose difficile sur ce chemin, c'est l'alimentation. Une fois de plus (mais ce n'est pas un hasard  :-) !), je me rends compte à quel point je mange de manière émotionnelle, et je pense que ce chemin va me faire travailler là-dessus jusqu'au bout... Lorsque j'arrive dans l'après-midi à l'étape, bien souvent je n'ai pas faim, mais j'ai toutes les peines du monde à ne pas entrer dans la première boulangerie venue pour aller m'acheter quelque chose de sucré... une douceur...quelque chose qui me fasse PLAISIR :-) . C'est quand même dingue, cette programmation mentale nourriture-plaisir... Je retrouve là tout ce que la Vie m'a fait expérimenter lors de cette expérience de transition vers l'alimentation pranique, il y a un mois... Gros travail de déprogrammer tout cela quand on est petite-fille d'aubergiste, résistant et déporté pendant la guerre, et qui ne faisait que 45 kg à son retour des camps...

 

Please reload